Samedi 20/4/1940
Marie Antoinette chérie,
(...)
Il fait une journée magnifique aujourd'hui et le port de nos casques et de la capote nous semblait d'autant plus dur. (...) Nous nous sentons terriblement diminués en nos tenues grossières qui, parait-il, feront de nous les soldats les mieux habillés.
Chez nous aucune permissions n'est encore rétablie.(...) il ne faut pas oublier ma Chérie, que nous sommes un corps mobile à l'extrême et à la première alerte nous serons toujours sur le qui vive(...) j'espère bien à la fin de la semaine être auprès de toi, mon aimée, prendre en ces 10 jours de tes caresses pour les longs mois qui suivront. Comme nous allons nous aimer dis, plus que jamais, sans penser à ce que sera demain.
Ce n'est pas un baiser que je voudrais poser sur tes lèvres, c'est une caresse, une morsure que sais-je, que je voudrais infliger à tout toi.
Ton Charles