24/4/1940

Ma poupée chérie,

(...)

Je n'ose te dire tout ce que je garde en mon coeur, qui me fait coucher parfois triste, parfois gai sans raison apparente.

Presque tous ici me croient heureux, léger même et beaucoup sont enclins à me compter leur histoire. Pauvre histoire qui n'a, avec notre bel amour, aucun point de ressemblance, (...) Ils ne se doutent pas que je leur passerais sur le ventre à tous, s'il le fallait un jour, pour t'aller voir. Ils me croient frivole. Tu sais bien, toi, ma chérie, tout ce que tu es pour moi, dis?

Je vais m'étendre sur ma bonne litière mon p'tit, en rêvant, aux baisers, aux caresses passionnées que nous échangerons bientôt. Un gros baiser à Claude, et à toi, ma Chérie, tout ce que mon coeur peut contenir de tendresse et d'amour.

Ton Charles