24/6/1940
Ma Chérie,
Nous venons enfin de rentrer, après avoir oeuvré depuis hier midi. 24h durant lesquels je n'ai fait que mettre des blessés 200, plus peut-être, en sanitaire, courant de l'un à l'autre pour les réconforter et les désaltérer, les pauvres vieux, quelques-uns sont en bien vilain état.
Que de misères déjà depuis quelques jours. Plus tard, quand nous serons réunis, quand je serais auprès de toi et que tu n'auras plus rien à craindre je te contrais les horreurs entrevues.
Je suis sot de t'écrire ainsi mon aimée tu vas te forger mille idées. Saches au moins que nous ne pouvons que nous dévouer le plus possible ayant le sentiment d'être des heureux auprès des autres..
Ma femme chérie que j'aime, mais que j'aime plus que je ne l'ai jamais réalisé, je t'embrasse bien tendrement.
Ton Charles.