27/5/1940
Ma Chérie,
(...) Dire que je ne sais même pas ou tu es, mon aimée, de là viennent tous mes soucis. Et ils avancent toujours, Boulogne ou tout était si calme il y a 3 semaines est entre leurs mains, de ce train ce n'est pas à Paris qu'ils seront le 15 juin mais à Marseille. Et pourtant le sang que Reyman est prêt à donner jusqu'à la dernière goutte a déjà bien coulé.
Pardonne-moi, mon p'tit, je t'écris sans conviction, je suis presque sur que mes lettres ne te parviennent pas. Comme il est loin ce jour du 1er mai ou tu m'attendais si impatiemment, et comme nous étions heureux encore.
Je veux croire que vous êtes encore à Douvrin relativement tranquille, quand j'en aurais l'assurance, je ne pourrais même pas faire ne petite fête, il n'y a rien ici, et hier encore nous manquions même d'eau.
Ma petite femme, ma maîtresse chérie, mes plus fous baisers.
Ton Charles.